Gilles et Véronique Bathilde
Thérapies holistiques à Noisy-Rudignon

PANDEMIE ET CHANGEMENT DE SOCIETE : UNE CHANCE POUR L' HUMANITE ?

Le coronavirus bouleverse notre vie en nous plongeant dans le confinement, nous séparant de nos proches, nous obligeant à supporter leur absence, et  à réfléchir à notre avenir.

Cela nous change !

Car depuis maintenant environ 50 ans la vie des être humains est trépidante, du moins dans les pays occidentaux.

Petit état des lieux dont la liste des constats n'est pas exhaustive :

  • Les femmes ont quitté massivement leur foyer pour conquérir leur indépendance avec pour conséquences des changements énormes de société dont beaucoup sont positifs (autonomie, augmentation et rééquilibrage de leurs droits avec abandon du système patriarcal, maitrise de la fécondité avec la contraception et l'avortement, accès à l'emploi...) mais d'autres le sont moins. Je pense au plafond de verre qui touche la très grande majorité des femmes qui travaillent et leur interdit d'occuper des postes de dirigeant (à moins d'être propriétaire de son entreprise ce qui n'est pas souvent le cas) et donc d'influer sur la vie de l'entreprise ; comportements masculins qui protègent leurs prérogatives en organisant des réunions le soir afin d'en exclure automatiquement les femmes ayant des enfants ; salaires minorés par rapport aux hommes et non reconnaissance salariale et sociétale des métiers le plus souvent occupés par les femmes, tels que les enseignants ou les infirmières, tandis que les traders à 99% masculins gagnent des fortunes. Il suffit de comparer le salaire d'un joueur de foot homme à celui d’une joueuse femme pour s'en convaincre. On peut rajouter à ce constat les agressions sexuelles dont elles sont victimes ("me too" les révélant) et dans un autre registre la charge mentale qui leur incombe presque exclusivement car la femme qui travaille organise aussi toute la vie familiale. Même si de plus en plus d'hommes demandent à s'occuper de leurs enfants, il reste encore beaucoup de progrès à faire pour une juste répartition des tâches et pour que l'égalité hommes/ femmes soit pleine et entière
  • Economiquement depuis environ 20 ans les emplois ont été massivement délocalisés vers les pays de l'est de l'Europe grâce à l'entrée dans l'UE (Union Européenne) d'anciens pays du bloc communiste récemment effondré ; ou encore vers l’Inde (pour l’informatique) le Bangladesh ou le Vietnam (vêtements et certaines nouvelles technologies) et surtout vers la Chine devenue en 20 ans la 2ième (voire la 1ere) puissance mondiale en PIB (Produit intérieur Brut). Le chômage de masse a explosé en Italie Espagne Portugal Grèce ou France surtout pendant la crise financière de 2008 tandis que nos amis allemands réussissaient à s’imposer sur le marché des machines-outils ou de l’automobile pour sauver leur modèle économique par l’innovation. Nous en payons chèrement le pris actuellement puisque les produits dont nous avons tant besoin pour sauver des vies (masques, blouses, tests…) nous sont facturés à prix d’or par les chinois dont nous sommes devenus totalement dépendants ; au passage nous polluons la planète grâce aux tankers qui rapportent vêtements, machines et autres téléphones depuis l’Asie
  • En délocalisant, les comptables qui dirigent maintenant les entreprise occidentales ont chercher exclusivement à favoriser le paiement de dividendes ; dans les années 70, pour 100 euros gagnés 70 euros étaient versés en salaire les 30 euros restants revenant au capital sous forme de dividendes ; depuis, le rapport s'est  totalement inversé et la spéculation explose sur les marchés financiers ; les nouveaux comptables  chargés de sortir exclusivement du bénéfice pour le verser à l’actionnaire s’appellent le plus souvent ingénieurs, polytechniciens ou énarques; mais il ne s’agit pas des ingénieurs techniciens de l’ancien temps ; il s’agit en fait de  comptables qui ne font que jongler avec les chiffres et expliquent aux cadres moyens chargés d’exécuter leurs ordres comment travailler sans stock de matériel, à flux tendu, et sans tenir compte ni des besoins réels du client ni des contraintes techniques qu’ils ignorent.  Ces ingénieurs sont formés pour être interchangeables et capables de calculer aussi bien les chiffres d’une entreprise produisant des chaussures que celle produisant des maisons, indépendamment de toute connaissance métier ; à l’inverse ce qui fait la force de l’Allemagne c’est sa capacité à former des personnes compétentes et efficaces dans leur travail car formées en apprentissage
  • Dans le même temps, le nombre de chômeurs a explosé tandis que les actifs travaillent de plus en plus pour compenser l’explosion des impôts et autres charges sociales ; les aides sociales se sont multipliées permettant à une partie de la population de survivre sans travail tandis que les actifs croulent sous les charges ; les entreprises ne se considèrent plus concernées par leur rôle sociétal contrairement à la mentalité des années 70 où l’entreprise se devait de donner du travail ; maintenant l’entreprise se doit d’être rentable. La vocation de l’entreprise au service de l’homme semble dépassée :  c’est l’homme qui est au service de l’entreprise et même si elle n’a aucune utilité réelle (je pense par exemple aux entreprises qui fabriquaient des pins dans les années 80 qui ont disparu comme elles étaient apparues, leur produit n’ayant aucune utilité). Dans le même temps, l’administration est devenue pléthorique et les chefs d’entreprise passent des heures à remplir des formulaires plutôt qu’à produire.
  • Les enfants se désespèrent trop souvent dans des écoles où les bases de français, de mathématiques de grammaire et de conjugaison sont délaissées au profit de matières certes fort sympathiques mais peu utiles avant que les bases ne soient acquises ; ils partent souvent tôt le matin vers la garderie et rentrent épuisés tard le soir ; entre temps ils ont mangé une nourriture parfois sans goût et de basse qualité produite dans des entreprises d’agro-alimentaire et livrée dans les cantines ; ils ne voient presque pas leurs parents (divorcés dans 50% des cas) et ont très souvent des emplois du temps de ministres, courant entre la musique et le sport pendant les heures extra scolaires ; de plus en plus d’enfants développent des phobies scolaires ou des crises d’anxiété ; d’autres sont étiquetés hyperactifs juste parce qu’ils ne veulent pas rentrer dans le moule qu’on leur propose. Seule une petite partie des enfants peut profiter d’une famille où on leur propose un mode de vie plus adapté à leurs besoins réels et où on prend le temps de vraiment les écouter et les aider.

Quand on prend conscience de cette société que nous proposons à nos enfants, comment ne pas se révolter ? Entre l’explosion des inégalités (25 personnes possèdent à eux tout seuls 50% de la richesse mondiale, chiffres de 2019 publiés par l’ONG Oxfam) une vie où il faut constamment courir quand on travaille, souvent se battre pour survivre, et accepter les ordres dénués de sens de son entreprise comment l’être humain peut-il s’épanouir ?

 

Bien sûr, à côté de nos ancêtres nous n’avons pas lieu de nous plaindre. Nous avons la chance de vivre en démocratie, d’être habituellement libres de nos mouvements, de bénéficier d’un système de santé qui (malgré ses déboires actuels) restent le meilleur du monde car accessible à tous et d’avoir un système de retraite et d’assurance chômage qui nous protègent.

 

En fait, il me semble que cette pandémie peut être une chance extraordinaire pour reconstruire l’humanité. Bien entendu, si l’on excepte dans le terme de chance toutes les vies tristement perdues et les souffrances physiques et psychologiques que la situation occasionne.

 

Le coronavirus nous offre la possibilité de changer des pans entiers de notre société. Tout d’abord en nous reconnectant à nos valeurs fondamentales à commencer par l’égalité et la justice.

  • La relocalisation de la plupart de nos industries  s’impose devant le manque criant de matériel médical et de médicaments ; mais aussi, dès lors qu’on veut en fabriquer nous-même de façon urgente, des matières 1eres nécessaires ; ainsi pour fabriquer des lits médicaux indispensables pour augmenter les capacités d’accueil en réanimation une entreprise française expliquait qu’elle pourrait produire aussi longtemps que les tubes d’acier indispensables pour soutenir le lit arriveraient depuis l’Italie.  Leur stock actuel écoulé, la production sera stoppée en attente de la reprise de l’activité dans l’usine de pièces détachées. Relocaliser la totalité de nos besoins devient évidente si nous voulons sauvegarder notre indépendance notamment dans des secteurs dits stratégiques.

Relocaliser signifie donner du travail à des gens actuellement payés par Pole Emploi ou les aides sociales ; donc redonner du sens à la vie des chômeurs et inactifs qui peuvent ainsi retrouver un rôle au sein de la société. Cela signifie aussi faire baisser à terme les aides sociales devenues moins indispensables.

Mais pour relocaliser il est fondamental que les entreprises, notamment les grandes entreprises, acceptent de gagner moins d’argent et de donner une part plus grande aux salaires aux dépens de la rémunération du capital. C’est sous la pression de la population et de l’Etat que cela peut se faire.

  • Redonner de la valeur à ce qui touche l’humain semble également utile ; nous avons la possibilité de développer les métiers dits du « Care » (le soin) tels que les métiers du secteur médical, du développement personnel, de l’aide à la personne, du sport, de la détente… De mieux rémunérer les métiers vraiment « utiles » comme les éboueurs, les électriciens, les plombiers, les métiers de la téléphonie, de la restauration, des hôtesses de caisse, des coiffeurs etc… des métiers des gens qui sont au service de leurs concitoyens et que nous avons trop souvent regardé avec dédain et mal payé. Ceci aux dépens de métiers bien trop rémunérés tels que les footballeurs, les golfeurs, les tennismen ou les métiers de la finance ; jusqu’alors nous avons décidé de trop récompenser les années d’étude ou le génie sportif.

Peut-être est-il temps de récompenser ceux qui servent la communauté dans des métiers souvent très physiques et qui de plus amputent de plusieurs années l’espérance de vie.

C’est possible : certains pays du nord de l’Europe rémunèrent nettement mieux les personnes travaillant en extérieur par rapport aux emplois de bureaux car ils considèrent que ces métiers sont difficiles. Tout est une question de point de vue. Où décidons-nous de placer nos valeurs ?

Probablement est-il nécessaire de reconsidérer toutes les grilles de salaires notamment des agents de production de la fonction publique (ceux qui sont sur le terrain comme les enseignants, les infirmières, les Atsem) mais aussi du secteur privé.

 

Par le passé les pandémies ont tué des millions de gens ; certaines pandémies ont eu ensuite des effets très bénéfiques ; ainsi la peste noire au moyen âge est à l’origine de la disparition du servage ; en décimant la population européenne la peste a fait disparaitre des milliers de bras disponibles qui travaillaient gratuitement sur les terres des seigneurs ; ces derniers ont dû payer le personnel pour travailler sur les routes ou réparer les murs de la seigneurie. Car ceux qui vivaient encore exigeaient un salaire ; à défaut, ils travaillaient pour le seigneur voisin.

Au 19ième siècle, l’épidémie de choléra (cf le livre « Le hussard sur le toit » de Jean Giono, adapté en film plus tard) obligea les pouvoirs municipaux à détruire les petits immeubles insalubres des villes pour rebâtir des routes et des nouveaux habitats avec des canalisations évacuant les immondices que l’on jetait précédemment sur le pavé.

Peut-être :

  • Que le confinement va permettre à certains parents de découvrir leurs enfants et de décider de faire d’autres choix pour leur consacrer du temps ; peut-être que nos valeurs vont évoluer, renforçant familles, solidarité et respect entre hommes et femmes.
  • Que les entreprises, sous la pression sociale, vont enfin réorganiser le travail en favorisant le télétravail ; évitant ainsi des heures de trajet inutiles, fatigantes, stressantes et polluantes à leur personnel administratif et commercial ; des heures de trajet qui seraient ainsi reportées vers d’autres activités familiales, libérant du temps disponible pour les familles, notamment les enfants. Ou disponible pour s’occuper de soi en faisant du sport, de la musique ou plein d’autres choses épanouissantes. Réorganiser le travail signifie aussi supprimer les réunions à des heures impossibles (comme cela se pratique dans le nord de l’Europe et en Allemagne où on ne travaille jamais le soir après 17h ni le samedi après-midi) sans pour autant que cela gêne le développement économique du pays.
  • Que les entreprises pourraient s’apercevoir avec ce confinement (qui n’est pas optimum pour le travail car il faut garder les enfants qui n’ont pas classe) que l’on peut télétravailler tout en étant efficace et productif ; que l’on peut faire confiance à ses salariés, les traiter en adultes responsables et pas en enfants à soumettre.
  • Que pour sauver l’économie mondiale au bord de la faillite les Etats retrouveront-ils le courage des présidents américains, français et anglais de l’après-guerre pour faire sortir les milliards de milliards accumulés au profit d’un tout petit nombre dans les paradis fiscaux.
  • Que l’effondrement du secteur touristique va obliger des propriétaires de logements loués par « airbnb » ou autres plateformes à les vendre rapidement à prix cassés pour rembourser leur crédit faute de locataires ou à les louer à prix plus acceptable ; ce qui permettrait aux classes moyennes (notamment enseignants et infirmières) de se loger au cœur des villes, près de leur travail, et non plus à 1h30 de trajet.
  • Que l’effondrement économique et la relocalisation des fabrications vont nous obliger en tant que consommateur à y regarder à 2 fois avant d’acheter ; à s’interroger sur notre besoin réel ; à choisir un produit de meilleure qualité comme nos parents devaient le faire ; donc à moins jeter (merci la planète) à moins polluer et à favoriser les productions locales qui ont du sens.

 

Beaucoup de choses peuvent changer avec cette épidémie.

J’espère simplement aujourd’hui que nous serons être assez exigeants envers nos dirigeants de tout ordre (gouvernement, patrons, hiérarchiques) pour redonner la place au collectif et bâtir un monde meilleur pour nous et nos enfants. Le tout aux dépens de cette société si individualiste. Je vous souhaite le meilleur….

Véronique Bathilde


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